40 heures à Pyongyang

La famille du pasteur Hyeon Soo Lim et tous les Canadiens se réjouissent de son retour au Canada la semaine dernière. Le gouvernement canadien a déployé des efforts louables pour obtenir la libération du pasteur Lim de la Corée du Nord.

Ce pasteur canadien a été arrêté il y a deux ans en Corée du Nord où il a été accusé de «subversion », d’avoir « porté atteinte à la dignité du dirigeant suprême » et d’avoir tenté de « renverser le gouvernement et d’avoir miné son système social en exerçant des activités religieuses ». Autrement dit, il a été accusé parce qu’il était chrétien et qu’il a critiqué le régime.
Le pasteur Lim (âgé de 62 ans) a fait une centaine de voyages en Corée du Nord au cours des 20 dernières années pour apporter de l’espoir et alléger les souffrances dans ce pays tourmenté et démuni. Il a mis sur pied un orphelinat et une résidence pour personnes âgées et ses efforts lui ont valu une peine d’emprisonnement à vie et de travaux forcés.

Le gouvernement canadien a entamé des pourparlers pour faire libérer le pasteur Lim dès son arrestation, mais les négociations ont commencé pour de bon en décembre dernier. Pendant deux mois, aucun progrès n’a été fait alors que la Corée du Nord exigeait que le Canada la reconnaisse sur le plan diplomatique et y nomme un ambassadeur officiel. Le gouvernement a refusé à juste titre. Par la suite, grâce à un acte de la providence, les Nord-Coréens ont décidé qu’il coûterait trop cher de continuer à détenir le pasteur Lim (étant donné la détérioration de son état de santé). Ils ont alors indiqué qu’ils étaient prêts à recevoir un représentant canadien pour discuter de sa libération.

Le gouvernement a envoyé une délégation, dirigée par Daniel Jean, conseiller à la sécurité nationale et au renseignement auprès du premier ministre. La délégation comprenait deux directeurs d’Affaires mondiales Canada, deux médecins et un membre des Forces canadiennes. L’avion a atterri à Pyongyang (la capitale nord-coréenne) pour y déposer la délégation et est retourné au Japon (pour des raisons de sécurité) attendre les nouvelles.

Vingt-cinq heures après l’arrivée de la délégation, les médias dirigés par l’État ont rapporté que le pasteur Lim était libéré « pour des raisons de santé ». Quinze heures plus tard, un avion des Forces canadiennes est retourné à Pyongyang prendre la délégation et le pasteur Lim.

L’avion a atterri à la base aérienne de Yokota au Japon peu après 13 h jeudi, heure locale. La délégation a rempli sa mission et, selon des sources informées, n’a rien concédé.

Le pasteur Lim est rentré dans sa famille et son église à Toronto vendredi.

Je félicite le gouvernement libéral et ses homologues suédois qui ont facilité les négociations pour obtenir la libération du pasteur Lim. Ils ont accompli de l’excellent travail.