Quels dommages Phénix va-t-il causer avant de renaître de ses cendres ?

Est-ce que votre famille pourrait survivre sans être payée pendant des mois? Et pendant un an? C’est ce qui arrive à des dizaines de milliers de familles canadiennes sous les libéraux de Trudeau.

En 2009, notre gouvernement conservateur précédent a entrepris le processus soigneux de développer un nouveau système pour rémunérer les employés de la fonction publique. En 2011, nous avons demandé à IBM de concevoir le nouveau système. À l’origine, Phénix devait être fonctionnel en mai 2015, mais notre gouvernement a écouté les experts et retardé la mise en œuvre en raison de défaillances « critiques » continues du système. Il n’était tout simplement pas prêt.

Quand les libéraux de Trudeau sont arrivés au pouvoir (supposant apparemment que les problèmes se régleraient d’eux-mêmes), ils se sont empressés de mettre le nouveau système en place – même si des experts, des syndicats et d’anciens responsables gouvernementaux les avaient prévenus à maintes reprises que Phénix n’était pas prêt. En février 2016, les libéraux ont lancé la première phase du système de paie Phénix pour les fonctionnaires. En l’espace de trois mois, il est devenu évident pour tout le monde – à l’exception des libéraux – que les experts avaient raison.

Malgré une myriade de cas où des fonctionnaires étaient sous-payés, trop payés ou pas payés du tout, les libéraux sont allés de l’avant avec la phase deux de Phénix (et ont mis l’ancien système hors service). En avril 2016, la totalité des 290 000 employés de la fonction publique était à la merci de Phénix, et les problèmes ne faisaient que s’aggraver.

En juillet 2016, 80 000 personnes avaient été touchées par la mise en œuvre prématurée de Phénix. Non seulement il y avait des problèmes continus avec la paie, les avantages sociaux et les pensions, mais un nouveau problème avait vu le jour – la protection des renseignements personnels. Dès janvier, de hauts responsables gouvernementaux avaient été prévenus qu’il y avait de graves déficiences avec Phénix qui mettaient les renseignements personnels des employés à risque. Judy Foote, la ministre responsable, a dit qu’elle n’était pas au courant du problème – malgré les mises en garde répétées à son ministère. La CBC a rapporté que des documents gouvernementaux comprenant de l’information sur les atteintes à la vie privée avaient été retirés d’un document de reddition de compte clé appelé Évaluation des facteurs relatifs à la vie privée. Les données sur la faille de confidentialité de Phénix ont été supprimées d’un rapport présenté le 21 janvier, après que des responsables gouvernementaux ont dit que « le problème avait été réglé ». Ce n’était pas le cas.

Justin Trudeau et son gouvernement ont nié toute responsabilité pour ce fiasco, malgré les preuves accablantes du contraire. Les problèmes ont continué.

Dans une tentative de contrôler la situation, Foote a embauché du personnel temporaire pour aider à traiter l’afflux de plaintes. On a vite constaté (encore une fois par un reportage de la CBC) que le personnel de Phénix n’avait pas fait l’objet d’une vérification et n’avait pas la cote de sécurité nécessaire. Et les employés n’étaient toujours pas payés.

Les mois ont passé. Les comptes d’épargne se sont vidés et les factures de carte de crédit ont atteint des sommets alors que des dizaines de milliers de Canadiens attendaient que le gouvernement répare Phénix. Ils attendent toujours.

En février, les employés de la fonction publique ont reçu une autre gifle en pleine figure quand on a révélé que les cadres du ministère chargés de superviser le système de paie Phénix avaient touché une « prime au rendement » de 5 millions de dollars au cours de la dernière année – même si des milliers de fonctionnaires n’étaient pas rémunérés.

Il y a quelques semaines, le premier ministre a annoncé la création d’un groupe de travail ministériel chargé de s’occuper des problèmes du système de paie Phénix – un an et trois mois après le début de ce fiasco. Il est plus que ridicule qu’il ait fallu plus d’un an aux libéraux pour former un simple groupe de travail afin de trouver une solution.

Les libéraux ont lancé ce programme en sachant qu’il n’était pas prêt. Il a été mal géré du début à la fin. Il cause du tort aux familles canadiennes et les contribuables canadiens vont devoir payer des centaines de millions de dollars pour réparer un autre fiasco des libéraux. On indique aujourd’hui que les problèmes avec Phénix pourraient ne pas être pleinement réglés avant deux ans.

Justin Trudeau peut se permettre de passer quelques mois sans salaire, mais pas la plupart des Canadiens. Les employés qui sont sur le point de perdre leur maison, qui sont obligés de reporter leurs études ou qui s’endettent parce qu’ils ne sont pas payés correctement ne peuvent pas attendre deux autres années.

Il n’était tout simplement pas prêt…