Justice refusée

Un nombre croissant de postes de juge vacants fait en sorte que de plus en plus de causes pénales graves sont annulées. C’est une crise qui appelle une intervention rapide du gouvernement libéral. Au lieu, nous avons assisté à des mois d’inaction qui n’ont fait qu’aggraver la situation.

À l’heure actuelle, à l’échelle nationale, 60 postes de juge attendent la nomination d’un titulaire par le gouvernement fédéral. Depuis l’arrêt de la Cour suprême du Canada en 2016 dans l’affaire R. c. Jordan, des avocats ont tenté de faire annuler plus de 800 affaires pénales pour cause de retards déraisonnables. De ce nombre, plus d’une douzaine concerne des affaires de meurtre, de tentative de meurtre et d’homicide involontaire. D’autres infractions graves telles que des agressions sexuelles et le trafic de stupéfiants restent impunies également.

Au cours de leur première année au pouvoir, les libéraux n’ont nommé que 34 juges aux cours supérieures. L’année précédente, notre gouvernement conservateur avait effectué 96 nominations aux cours supérieures. Les postes vacants ayant été dotés en temps opportun, les affaires pénales, surtout les plus graves, ont été instruites comme il se doit par les tribunaux. Alors, qu’attendent les libéraux?

Il semblerait que la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, ne prend pas la situation au sérieux. Elle a attendu jusqu’en juin, soit huit mois après son entrée en fonction, pour pourvoir à une poignée de postes vacants. Depuis, elle n’a effectué aucune nomination. Résultat : de graves affaires pénales ont été annulées à cause de retards, et des milliers d’autres affaires pourraient l’être également pendant qu’elle reste à ne rien faire. Elle doit aller au-delà des mots et procéder à la nomination de juges.

Le gouvernement conservateur antérieur croyait à la nécessité de punir les criminels et non les victimes. Tant et aussi longtemps que le gouvernement libéral négligera sa responsabilité de pourvoir à ces postes vacants, des criminels se retrouveront en liberté et pourront commettre de nouvelles infractions et victimiser à nouveau ceux qui ont déjà tant souffert aux mains de criminels. C’est inacceptable. La ministre de la Justice doit aux victimes de crimes, et à tous les Canadiens, d’agir tout de suite pour doter les postes vacants.