Où cela s’arrêtera-t-il?

Le gouvernement libéral vient d’adopter un inquiétant critère d’admissibilité pour les organismes désireux de se prévaloir du programme Emplois d’été Canada (EÉC).

Le programme EÉC finance les employeurs, y compris ceux d’organismes à but non lucratif, qui créent des possibilités d’emplois d’été pour les étudiants à temps plein. Tout le monde est gagnant : les étudiants profitent d’une expérience de travail précieuse et les collectivités profitent des services importants offerts par ces organismes. Toutefois, pour de nombreux organismes du Sud-Est du Manitoba, cet appui essentiel sera retenu grâce à une nouvelle politique des libéraux.

Dans les jours qui ont précédé Noël, les libéraux de Trudeau ont subrepticement changé les règles du programme EÉC en demandant aux requérants de signer une attestation dans laquelle ils acceptent les positions idéologiques du gouvernement, faute de quoi ils ne seront pas financés. Voilà un développement très inquiétant qui devrait amener les Canadiens à se méfier d’un gouvernement qui fonde ses décisions de financement sur le fait d’avoir ou non les mêmes croyances et les mêmes valeurs que lui.

De quoi s’agit-il exactement? Afin d’être admissible, un requérant est forcé de convenir que les fonctions de l’emploi et le mandat fondamental de l’organisation sont conformes aux valeurs qui sous tendent la Charte canadienne des droits et libertés et d’autres droits, dont les « droits génésiques » et le droit d’être protégé de toute discrimination fondée sur le sexe, la religion, la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, les déficiences mentales ou physiques ou l’orientation sexuelle, ou encore l’identité ou l’expression de genre.

S’il est facile d’être d’accord sur la plupart des points mentionnés, les libéraux vont trop loin en obligeant les Canadiens à embrasser des valeurs, qui ne figurent pas dans la Charte, comme les « droits génésiques » ou, en langage clair, l’avortement.

En tant que société pluraliste, le Canada autorise les opinions diverses et protège ceux qui pourraient avoir des positions différentes de celles des autorités. En fait, la liberté de confession et d’opinion est garantie par la Charte. Au lieu de se vanter sans cesse d’être le « Parti de la Charte », les libéraux feraient mieux de reconnaître qu’en agissant ainsi, ils en violent le principe le plus fondamental. Si les libéraux obligent aujourd’hui les Canadiens à réussir à leur « test sur les valeurs » pour être financés au titre du programme EÉC, qu’exigeront-ils demain? Devra-t-on être d’accord avec les libéraux pour pouvoir toucher sa retraite? Pour bénéficier de certains crédits d’impôt ou de prêts étudiants? Pour obtenir de l’aide de l’assurance-emploi dans un centre de Service Canada? Où cela s’arrêtera-t-il?

Ce changement nuit en outre aux étudiants qui cherchent à travailler pendant l’été. Au lieu de restreindre les possibilités d’emploi pour les étudiants, les libéraux devraient encourager davantage d’employeurs à en engager.

Si votre organisme est touché par ce changement discriminatoire des libéraux, je vous exhorte à soumettre tout de même votre demande accompagnée d’une note expliquant qu’en toute conscience, vous ne pouvez pas signer l’attestation. En l’occurrence, je vous invite à en aviser mon bureau par courriel à l’adresse Ted.Falk.C1@parl.gc.ca. Je m’efforcerai de faire en sorte que personne ne soit puni pour avoir des convictions différentes de celles des libéraux de Trudeau. Par ailleurs, je vous encourage tous – que vous soyez ou non touchés par cette mesure – à prendre contact avec la ministre de l’Emploi Patricia Hajdu à l’adresse Patty.Hajdu@parl.gc.ca et avec le premier ministre Trudeau à pm@pm.gc.ca pour leur faire savoir que vous n’acceptez pas ces changements dangereux.

Je peux vous assurer que je n’aurai de cesse de lutter pour préserver les convictions et pratiques fondamentales du Canada.