Le budget de 2021

Lundi était jour de budget à Ottawa.

Ce budget est historique à trois égards.

Tout d’abord, il a été présenté par la première femme à occuper le rôle de ministre des Finances du Canada – mes félicitations à l’honorable Chrystia Freeland d’être celle qui marque ce point tournant.

Ensuite, le dépôt du budget a mis fin à la plus longue période, de l’histoire du Canada, où le pays n’a pas eu de budget; en effet, il y a plus de deux ans que le gouvernement libéral n’a pas proposé de plan pour les finances du pays.

Enfin, ce budget marque la plus forte hausse des dépenses et de la dette jamais enregistrée au Canada.

Malgré un déficit déjà sans précédent de plus de 354 milliards de dollars, le gouvernement libéral propose de nouvelles dépenses s’élevant à 135 milliards de dollars et un déficit de 155 milliards de dollars, ce qui portera la dette nationale à une somme astronomique de 1,4 billion de dollars et entraînera des déficits continus après 2025, sans aucun plan de remboursement.

L’idée de rétablir l’équilibre budgétaire est révolue. Dépenser comme s’il n’y avait pas de lendemain semble être la nouvelle orthodoxie budgétaire des libéraux.

Le budget repose sur une promesse de quelque 30 milliards de dollars pour financer un nouveau programme national permanent de services de garde. Les libéraux le promettent depuis 28 ans : difficile de croire qu’ils tiendront parole. En plus d’avoir récupéré la Prestation universelle pour la garde d’enfants du gouvernement conservateur précédent et de l’avoir rebaptisée Allocation canadienne pour enfants, les libéraux enlèvent maintenant aux parents la possibilité de choisir et, fidèles à eux-mêmes, donnent encore plus de contrôle au gouvernement. Les services de garde étant réglementés par les provinces, les libéraux montrent une fois de plus qu’ils bafouent les compétences provinciales. Ils auront donc fort à faire pour sauver la pièce maîtresse de leur budget.

Le budget comporte quelques points possiblement positifs pour les résidents de Provencher.

En effet, un montant de 2,2 milliards de dollars a été annoncé pour l’infrastructure municipale. Cela dit, si l’on se fie à la feuille de route des libéraux sur le plan de l’infrastructure, ils aiment beaucoup faire des annonces, mais ils sont bien lents à débloquer des fonds.

Le budget prévoit 145 millions de dollars pour les soins de santé mentale – un besoin de plus en plus criant alors que les Canadiens sont malmenés par la COVID-19 et les restrictions gouvernementales. Les atteintes continues au bien-être des Canadiens nécessiteront, dans les mois et les années à venir, qu’on trouve des solutions efficaces.

Le budget prévoit également un certain soutien aux personnes âgées, même si nous sommes loin des sommes demandées par les partis d’opposition. Un montant de 3 milliards de dollars est prévu pour entamer le long processus de la mise en place de normes applicables aux maisons de soins de longue durée. Un montant de 90 millions de dollars est alloué à un programme visant à fournir des mesures d’aide aux personnes âgées afin de leur permettre de rester à la maison plus longtemps. Le budget propose également d’augmenter de 10 % la Sécurité de la vieillesse pour les Canadiens âgés de 75 ans ou plus.

Je ferai tout en mon pouvoir pour obliger les libéraux à respecter leurs engagements.

Ce qui fait que le budget libéral est un échec, d’ailleurs spectaculaire, c’est qu’il n’offre aucune cible budgétaire ni aucun plan pour rétablir l’équilibre budgétaire. Plutôt que de s’assurer que les dépenses cadrent dans un plan financier clair, les libéraux se contentent de jeter de l’argent dans les airs et de crier « Youpi! ».

Le budget ne prévoit pas non plus de plan concret en vue de la réouverture du pays et d’un retour à la normale.

L’absence d’augmentation des transferts en santé dans le budget montre bien que Justin Trudeau n’écoute toujours pas. Il ignore non seulement les partis d’opposition – qui font front commun dans ce dossier – mais aussi les provinces. Les Canadiens ont été privés d’une année de leur vie parce que les provinces disent ne pas avoir l’infrastructure de santé nécessaire pour faire face à la situation actuelle. Donnez l’argent aux provinces pour que les Canadiens, qui n’en peuvent plus de la COVID, puissent reprendre le cours de leur vie.

Au lieu d’écouter les Canadiens, les libéraux ont plutôt choisi, une fois de plus, de saupoudrer l’argent des contribuables parmi les groupes sur qui ils comptent pour gagner les prochaines élections.

Ne vous méprenez pas : il s’agit d’un budget électoral. Justin Trudeau est prêt à tout pour aller aux urnes.

Étant donné que les conservateurs, le Bloc Québécois et le NPD ont clairement dit qu’ils proposeront des modifications majeures au budget, sans toutefois provoquer la tenue d’élections pour le moment, le sort du budget libéral et du gouvernement lui-même est entre les mains de Justin Trudeau.