La dette : un problème d’ordre moral (première partie)

La dette soulève un problème d’ordre moral.

Une personne demande de l’argent à une autre, à la condition de le lui rembourser un jour. C’est un principe de base pratiquement universel dans le milieu des affaires et des finances, et même dans les relations interpersonnelles.

Lorsque nous faisons un emprunt à la banque pour acheter une voiture ou une maison, il est entendu que nous sommes liés par un arrangement qui fixe la manière et le moment dont l’emprunt sera remboursé. L’emprunteur endosse une dette, c’est-à-dire la responsabilité de rembourser le montant qu’il a reçu du prêteur. Il s’engage à rétablir la situation financière originale du prêteur. S’il rejette cette responsabilité ou qu’il ne réussit pas à s’en acquitter, il en subit des conséquences, sous la forme d’une amende, d’une baisse de sa cote de solvabilité ou d’une détérioration de sa situation financière.

Faire un emprunt sans trop savoir comment on le remboursera, c’est imprudent. Faire un emprunt sous de fausses apparences, c’est de la fraude.

Dans notre culture, les dettes sont presque inévitables, même si la plupart d’entre nous essaient de s’en passer. Nous ne voulons pas avoir de dettes, nous voulons être libres.

Malheureusement, lorsqu’il s’agit de dépenser les deniers publics, la plupart d’entre nous n’hésitent pas à faire fi de cette réticence.

En général, les Canadiens comprennent que l’argent ne tombe pas du ciel, mais bon nombre d’entre eux croient à tort que la générosité du gouvernement est illimitée.

Or, elle ne l’est pas, et ce, pour une bonne raison : l’argent du gouvernement ne lui appartient pas, il provient des impôts qu’il perçoit chez les citoyens.

Quand ses recettes fiscales ne suffisent plus à ses besoins – ou, bien souvent, à ses désirs –, le gouvernement n’a que trois possibilités : hausser l’impôt, réduire ses autres dépenses ou emprunter.

En période de crise, par exemple en cas de guerre, de dépression ou de pandémie, les gouvernements sont souvent forcés d’emprunter. Lorsque c’est le cas, ce n’est pas leur propre avoir qu’ils mettent en gage, mais bien celui de leurs citoyens, de familles comme la vôtre.

Le gouvernement d’une démocratie qui fait de tels emprunts a le devoir non seulement de les justifier par des arguments concrets, mais aussi de ne pas imposer à ses citoyens, ni à leur descendance, un fardeau trop lourd à porter.

Emprunter et dépenser l’argent des autres sans compter, c’est insensé. Hypothéquer l’avenir des générations futures, c’est immoral.

Or, c’est exactement ce que le gouvernement libéral fait, et ce, à un niveau sans précédent.

Il avait déjà, avant l’apparition de la COVID 19, accumulé une dette jamais vue en temps de paix, mais les dépenses qu’il a engagées en réaction à la pandémie excèdent de beaucoup les scénarios d’endettement les plus pessimistes.

J’ai voté en faveur des mesures que le gouvernement a prises au début de la pandémie, à un moment où il analysait encore la situation, parce que j’en reconnaissais la nécessité. En revanche, ces derniers mois, les dépenses arbitraires et trop souvent inutiles que font les libéraux m’alarment de plus en plus.

C’est pourquoi je vous parlerai de la dette et du déficit au cours des prochaines semaines. Je vous expliquerai comment l’argent emprunté pour « vaincre la COVID 19 » a été reporté sur d’autres dépenses ou dilapidé, quand il ne semble pas s’être tout bonnement volatilisé. Le gouvernement libéral a emprunté sous prétexte d’aider les Canadiens, mais, trop souvent, c’est son propre bien qu’il avait en tête.