Une règle deux poids deux mesures qui profite injustement aux demandeurs d’asile

Justin Trudeau a annoncé mardi qu’il prolongeait la fermeture de la frontière avec les États Unis pour un autre mois.

Dans notre circonscription de Provencher, comme dans bien d’autres, les collectivités frontalières canadiennes sont inextricablement liées à celles situées du côté américain. Les gens traversent la frontière pour aller travailler, pratiquer des loisirs, avoir accès à des soins de santé et rendre visite à leur famille.

Depuis l’entrée en vigueur des restrictions liées à la COVID-19, les personnes ne peuvent plus traverser la frontière pour des motifs importants, comme des funérailles, des remises de diplômes, des mariages et des visites à des parents malades.

Même les personnes qui ont un conjoint, un partenaire ou un fiancé du côté américain ne peuvent pas traverser la frontière, car les règlements ne sont pas clairs et les messages en provenance d’Ottawa sont contradictoires.

Lorsque les restrictions frontalières ont été instaurées, le premier ministre a clairement indiqué qu’une exception serait faite pour les citoyens canadiens, les résidents permanents et les membres de leur famille, y compris les personnes ayant la citoyenneté américaine. Les gens ont planifié leur vie en conséquence, puis Justin Trudeau leur a coupé l’herbe sous le pied.

Comme tant d’autres fois au cours des derniers mois, ce que Justin Trudeau a dit et ce que son gouvernement a fait ne concordent pas. Les règles ont peu à peu changé, et en l’absence de messages clairs de la part d’Ottawa, les fonctionnaires de l’ASFC ne savent plus très bien qui est soumis à des restrictions et qui est exempté.

Résultat : Certains Canadiens sont privés de la possibilité de voir leur famille depuis des mois.

Sauf les demandeurs d’asile.

Au départ, le premier ministre avait déclaré que les « demandeurs d’asile », y compris les migrants clandestins, seraient toujours autorisés à entrer au Canada, malgré le risque pour la santé publique, ce risque étant particulièrement présent au passage le plus fréquenté, celui du chemin Roxham au Québec qui partage une frontière avec l’État de New York, l’épicentre du virus aux États-Unis.

Le 16 mars, il a changé d’avis et a finalement pris des mesures pour réprimer les passages illégaux. Les personnes qui traversaient illégalement la frontière en provenance des États-Unis ont donc été – et, dans la plupart des cas, continuent d’être – refoulées. Tout comme les personnes faisant des demandes d’asile aux points frontaliers légaux.

Puis, à la fin du mois d’avril, Justin Trudeau a de nouveau changé de cap, levant discrètement les restrictions dans le cas des demandeurs d’asile ayant de la famille au Canada.

Bref, les Canadiens ayant de la famille aux États-Unis sont empêchés de voir leurs proches, mais les personnes demandant « asile » peuvent traverser la frontière parce qu’elles ont un membre de la famille au Canada. Ce régime deux poids deux mesures est pour le moins ridicule.

Si Justin Trudeau estime que l’entrée au Canada des demandeurs d’asile ne présente aucun danger, pourquoi les Canadiens et leurs proches ne peuvent-ils pas traverser la frontière? Pourquoi un groupe et non pas l’autre? Pourquoi deux poids, deux mesures?

Compte tenu de la période d’incertitude que nous traversons, j’avais espéré qu’il s’agissait simplement d’un oubli de la part du gouvernement, mais plus le problème demeure sans réponse, plus on peut voir l’ancien Trudeau aux vertus ostentatoires.

Alors que le gouvernement cherche à rejeter la responsabilité de ce dernier échec, je continuerai à défendre mes électeurs et leurs familles et à demander des solutions fondées sur le bon sens.