Les propriétaires d’armes à feu respectueux des lois ont droit à plus de considération

Le 1er mai, Justin Trudeau a pris au dépourvu les Canadiens propriétaires d’armes à feu en annonçant l’interdiction de plus de 1 500 modèles et variantes d’armes à feu s’apparentant à des armes d’assaut. Aux termes de cette nouvelle interdiction, en vigueur dès maintenant, l’utilisation, la vente et l’importation de ces armes sont illégales.

Normalement, un changement d’une telle portée et d’une telle ampleur est apporté par le Parlement. Un projet de loi est proposé, les députés en débattent, et un comité l’étudie en profondeur et entend des témoins experts. Après toutes ces étapes, les députés votent pour ou contre le projet de loi. S’il est adopté, il doit franchir un processus comparable au Sénat. Bref, les projets de loi sont examinés de façon approfondie tout au long de ce processus.

Or, les libéraux ont procédé différemment pour imposer cette interdiction : ils ont pris un décret. Les décrets sont rédigés par le Cabinet (le premier ministre et les ministres) et officiellement approuvés par le gouverneur général. Ils ne sont pas étudiés ni débattus au Parlement, et il n’est pas nécessaire que le Parlement adopte une loi avant leur mise en application. Les députés qui ne font pas partie du Cabinet sont donc tous exclus du processus de rédaction.

À cause du décret du cabinet libéral, des milliers de propriétaires d’armes à feu se sont réveillés samedi matin soudainement en possession d’armes à feu interdites. C’est injuste.

Je m’oppose à l’interdiction imposée par les libéraux sur les armes à feu et à la façon dont ils s’y sont pris pour l’appliquer. En plus de témoigner d’un mépris éhonté à l’égard du rôle du Parlement, cette façon de faire empêche les Canadiens de se prononcer sur les changements et de participer directement à l’élaboration des nouvelles mesures législatives.

Le Canada n’est pas épargné par la violence armée, qui provoque de réelles tragédies. Mais dans les faits, les armes à feu utilisées pour commettre des crimes sont en vaste majorité des armes à feu obtenues illégalement, par des personnes qui ne détiennent pas de permis les autorisant à posséder ou à acquérir une arme. Il est insensé d’imposer plus de règles ou des règles plus strictes à des gens qui les respectent déjà. Les Canadiens ne se sentiront pas plus en sécurité. Un gouvernement qui veut vraiment lutter contre les crimes commis au moyen d’armes à feu doit avoir la volonté de s’attaquer aux causes de la violence, une tâche beaucoup plus difficile. C’est ce que les conservateurs font valoir depuis longtemps et ne cesseront de faire désormais.

Les libéraux ont l’obligation de présenter des mesures législatives pour mettre en œuvre certains éléments de leur plan. Je profiterai des débats pour contester les hypothèses erronées des libéraux. Je demande également au gouvernement libéral de lutter concrètement contre la violence armée en mettant en œuvre des mesures ciblant non pas les propriétaires d’armes à feu respectueux des lois, mais les criminels.