Réflexions à l’occasion de la fête du Canada

L’année 2020 marque le 153e anniversaire de la Confédération, lorsque d’éminents Canadiens, ayant à leur tête sir John A. Macdonald, ont fondé le Dominion du Canada.

En 1867, ces 36 pionniers partageaient une vision pragmatique du Canada.

Un pays de liberté et de promesse.

Un pays où les citoyens auraient le droit à la vie et des libertés individuelles et pourraient posséder des biens sans que ceux ci soient grevés par des impôts injustes comme ils l’avaient été pendant la colonisation.

C’est ainsi que, grâce à leurs efforts, le Dominion du Canada — expression inspirée par le psaume 72:8 « Il dominera d’une mer à l’autre » — est né le 1er juillet 1867.

Cent cinquante-trois ans plus tard, cette vision est menacée.

Le pragmatisme dont ont fait preuve les Pères de la Confédération s’est lentement transformé en tribalisme.

Les droits et libertés individuels sont chaque jour attaqués par la pensée collective et le fléau de la rectitude politique qui animent un gouvernement sans cesse plus puissant et centralisé à Ottawa.

Les Canadiens croulent sous les taxes et les impôts à un point tel qu’ils risquent de ne jamais s’en extirper.

L’année 2020 a été une année difficile marquée par l’agitation politique, la maladie, les tensions raciales et la dette et les déficits gouvernementaux. C’est une situation qu’on n’aurait jamais même pu imaginer il y a seulement un an.

C’est pendant des périodes troubles comme celle que nous vivons aujourd’hui qu’il est utile de réfléchir à notre passé collectif.

Notre histoire regorge d’exemples d’agitations, de pandémies et d’injustices raciales. Mais plus important encore, elle comporte aussi des exemples des façons dont nous avons traversé ces tempêtes et avons grandi lentement en tant que nation.

Ces dernières années, l’histoire canadienne a été assaillie par des éléments radicaux qui souhaitent effacer les noms et les contributions de nos ancêtres. Des statues sont arrachées de leurs socles, des immeubles sont rebaptisés pour effacer la mémoire de ceux et celles qui nous ont donné les libertés fragiles dont nous profitons aujourd’hui.

Au lieu de tenter d’effacer notre histoire, nous devrions nous l’approprier : les bons et les mauvais souvenirs. Notre histoire nous appartient.

Bien entendu, certains chapitres de notre histoire sont source de honte. Tous les pays ont connu des périodes sombres. Nous avons aussi des chapitres qui sont des sources de grande fierté et de célébration. Étant donné que notre histoire a été écrite par des êtres humains réels et complexes qui réagissaient à des forces externes dans leur propre contexte historique, le balancier se retrouve généralement quelque part entre les deux.

Il est vrai que nous pouvons parfois ressentir un malaise lorsque nous examinons avec franchise notre histoire. C’est un sentiment avec lequel nous devons vivre et composer en tant que Canadiens et Canadiennes.

Les bons et moins bons chapitres de notre histoire nous appartiennent. Nous devrions célébrer nos bons coups et tirer des leçons de nos moments honteux. Évitons de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Comme l’a si bien dit Henry Ford et comme en témoignent les dernières semaines : « Ceux qui ignorent les erreurs du passé sont condamnés à les répéter. »