Il nous faut un plan de réouverture de la frontière canado-américaine

De plus en plus de voix s’élèvent dans l’ensemble du spectre politique pour demander au premier ministre Justin Trudeau d’ouvrir la frontière canado-américaine.

La frontière est fermée aux voyageurs depuis mars de l’année dernière.

J’ai vu de mes propres yeux comment les mesures draconiennes (souvent désordonnées) mises en place par le gouvernement libéral ont affecté les Canadiens qui doivent voyager, en particulier ceux qui vivent dans nos communautés frontalières.

Je me souviens très bien de la situation critique d’une jeune femme. C’était une Canadienne, nouvellement arrivée dans la région, sans famille ni amis à proximité, sur le point d’avoir son premier enfant. Tout ce qu’elle voulait, c’était que son mari (un citoyen américain coincé de l’autre côté de la frontière) puisse assister à la naissance.

D’autres, qui devaient voyager pour recevoir un traitement médical ou pour une situation de fin de vie, ont été confrontés à des dilemmes similaires. Tout cela pour être froidement informé que leur voyage et, par ricochet, les besoins de leur famille étaient « non essentiels ».

Des milliers de familles canadiennes ont vu leur vie bouleversée. Tout comme des milliers d’Américains dont les entreprises dépendent du tourisme canadien.

La semaine dernière, le leader de la majorité au Sénat américain, le sénateur Chuck Schumer (démocrate de l’État de New York), a écrit une lettre aux secrétaires d’État et à la Sécurité intérieure des États-Unis, demandant un « plan transparent, bilatéral et public » pour la réouverture de la frontière canado-américaine. Il a ajouté qu’un plan comportant « des repères clairement définis apportera clarté et transparence à un processus confus et frustrant ».

Bien qu’il soit extrêmement rare que mes opinions rejoignent celles du sénateur Schumer, nous sommes d’accord sur ce point.

En fait, les habitués de cette chronique reconnaîtront que ses propos font écho à mes propres appels continus en faveur d’un plan assorti de mesures claires pour permettre au Canada (et au Manitoba) de sortir du cycle sans fin des restrictions et de reprendre une vie normale en toute sécurité.

À cette fin, les conservateurs du Canada demandent depuis des mois pourquoi le gouvernement libéral n’a pas acheté et déployé à grande échelle des tests rapides. Cela permettrait aux provinces d’assouplir les restrictions et contribuerait à résoudre le problème des déplacements transfrontaliers. Les libéraux ne l’ont pas fait et ont plutôt vanté les mérites de leur programme de vaccination, qui comporte de graves lacunes.

Ainsi, M. Trudeau insiste sur le fait que les mesures frontalières doivent rester en place jusqu’à ce que 75 % des Canadiens aient été vaccinés. Compte tenu du nombre de fois où le gouvernement a modifié ses critères, je ne retiens pas mon souffle.

Justin Trudeau et les libéraux devraient regarder autour d’eux. Le monde s’ouvre à nouveau, et le Canada est laissé pour compte.

Je comprends la nécessité initiale de mettre en place des mesures, alors que nous ne savions pas à quoi nous faisions face. Mais une année s’est écoulée. Les gouvernements ont eu amplement le temps d’étudier ce virus et de concevoir un plan.

En établissant un plan clair, nous pouvons aller de l’avant avec la réouverture. Nous pouvons rouvrir la frontière, la province, le pays. Nous pouvons le faire de façon responsable et sécuritaire.

Les Canadiens ont été patients. Ils ont fourni leur part d’efforts. Il est temps que Justin Trudeau et les dirigeants provinciaux fassent de même.