De Winnipeg à Wuhan

La semaine dernière, lors de la période de questions, le premier ministre Justin Trudeau et des membres de son cabinet ont été interrogés à de nombreuses reprises au sujet de la collaboration entre le Laboratoire national de microbiologie (LNM) et des scientifiques liés à l’Armée populaire chinoise de libération (PLA).

Le LNM est un laboratoire de niveau 4 qui étudie les agents pathogènes les plus mortels du monde. Pour cette raison, il s’agit de l’une des installations les plus sécurisées au Canada. Néanmoins, il a été révélé que des scientifiques membres de l’unité des pathogènes spéciaux du LNM ont co-écrit six études avec des chercheurs militaires chinois, y compris au moins un(e) scientifique de l’Armée populaire chinoise de libération qui a des liens directs avec le programme d’armes biologiques de la Chine et qui a travaillé au laboratoire de Winnipeg.

De plus, en janvier de cette année, deux scientifiques chinois, Xiangguo Qiu et son mari, Kending Cheng, ont été congédiés du laboratoire national de microbiologie. Ces deux scientifiques ont été démis de leurs fonctions et placés en congé administratif après que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) eut recommandé que leur habilitation de sécurité soit révoquée pour des motifs liés à la sécurité nationale.

La docteure Qiu, une experte en vaccins et en virus spécialiste de l’Ebola, a éveillé des soupçons en raison de ses visites fréquentes à Beijing et au nouveau laboratoire chinois de niveau 4 à Wuhan. En outre, un transfert d’agents pathogènes mortels et extrêmement contagieux contenus dans les virus Ebola et Hennipah a été effectué entre le laboratoire de Winnipeg et celui de Wuhan.

Les conservateurs ont exhorté le gouvernement libéral à fournir des explications au sujet de ces questions très graves et préoccupantes qui concernent la sécurité nationale. Or, plutôt que de répondre à ces questions légitimes, le premier ministre a laissé entendre que le fait de soulever de telles interrogations perpétuait le « racisme envers les Asiatiques ».

C’est absurde.

Lorsque M. Trudeau fait l’amalgame entre les critiques visant le gouvernement chinois et le racisme envers les Asiatiques, il joue le jeu de la propagande déployée par les dirigeants communistes de la Chine. L’objectif de Beijing consiste précisément à semer la confusion en affirmant que toute critique légitime du gouvernement chinois équivaut à de l’intolérance envers les personnes d’origine chinoise. Nous n’avons rien à reprocher au peuple chinois, mais plutôt aux dirigeants communistes qui menacent nos citoyens, notre économie et nos valeurs.

Certes, l’intolérance subie par les Canadiens d’origine asiatique a malheureusement connu une hausse, mais tous les Canadiens d’origine chinoise qui ont fui la persécution infligée par les communistes ont de bonnes raisons de demander au Canada de prendre les mesures qui s’imposent et de faire la lumière sur les actions posées par Beijing.

Ainsi, nous demandons au premier ministre de retirer ses commentaires absurdes et offensants et de répondre à nos questions.

Toute forme de racisme est inadmissible aux yeux des Canadiens, mais la possibilité que des scientifiques de l’Armée populaire de libération de la Chine travaillent pour l’un de nos établissements les plus sécurisés est inacceptable, tout comme la naïveté ahurissante dont fait montre ce gouvernement en défendant les projets de recherche menés conjointement avec l’armée chinoise.

Andy Ellis, ancien directeur adjoint des opérations du SCRS, a estimé que la coopération entre l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) et l’Armée populaire de libération de la Chine était « de la folie », d’autant plus qu’au cours des dernières années, l’Armée populaire de libération de la Chine a intensifié son recrutement de scientifiques et a investi massivement en recherche médicale et biologique dans le cadre de sa stratégie de modernisation de ses capacités militaires.

[TRADUCTION] « Ils font preuve d’une naïveté incroyable … il est renversant que l’ASPC ait permis à un scientifique d’avoir accès au laboratoire de Winnipeg alors qu’il faut normalement obtenir l’habilitation de sécurité du plus haut niveau qui soit pour y entrer. »

Il va sans dire que l’histoire ne s’arrête pas là et que les Canadiens méritent des réponses, tandis que le premier ministre et son équipe continuent de faire de l’obstruction et empêchent que toute la lumière soit faite sur cette question.